Maladies Emergentes
Maladies zoonotiques : l'Hépatite E (HEV)
Différents travaux de recherche ont été menés afin d’améliorer la compréhension de l’épidémiologie du virus de l’hépatite E (HEV) en Corse région supposée hyper endémique.
Les objectifs ont été de confirmer l’hyper endémicité de la Corse que ce soit pour la population humaine et animale avec un nombre d’échantillons solide, et de déterminer quels étaient les facteurs de risques associés à la détection des marqueurs d’infection.
Pour cela nous avons mis en place et mené trois études principales : (i) une étude de séroprévalence chez les donneurs de sang et la quantification des anticorps IgG anti-HEV, (ii) une étude de séroprévalence au sein de trois populations adultes corses avec un questionnaire spécifique et (iii) une étude de l’infection des porcs domestiques corses au sein de la filière porcine traditionnelle.
L'UVE et ses partenaires ont confirmé la séroprévalence élevée du VHE en Corse et identifié trois aspects qui devraient être explorés : (i) l'épidémiologie chez les moins de 18 ans ; (ii) les sources communes de contamination, en particulier l'eau potable, qui peuvent expliquer la large exposition de la population ; (iii) la protection réelle conférée par les faibles titres d'IgG observés et la susceptibilité potentielle à une infection secondaire par le VHE.
Maladies vectorisées par les tiques
Une proportion significative des maladies émergentes actuelles sont causées par des agents pathogènes vectorisés en relation avec le phénomène de réchauffement climatique et à la "tropicalisation" du sud de l'Europe et du pourtour méditerranéen. La complexité épidémiologique et la diversité de ces pathogènes vectorisés en Méditerranée, résultent de multiples interactions entre pathogènes, vecteurs arthropodes, animaux sauvages et domestiques, et populations humaines au sein de leur agro-écosystème.
L'équipe de l'UVE et ses partenaires ont confirmé la présence de plusieurs pathogènes, bactéries et virus, chez des tiques récoltées en Corse. L'équipe a notmamment detecté la présence de la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie de Lyme ; la présence de bactéries du groupe des fièvres pourprées (chez plus de 50 % des tiques) et de bactéries de la famille des Anaplasmataceae, notamment Anaplasma phagocytophilum responsable de l'Anaplasmose granulocytaire humaine (chez moins de 2% des tiques). Trois virus ont été détectés dans les tiques en Corse, dont un nouveau virus de la famille de Bunyavirus nommé Kalisto Tick virus avec une prévalence de 8 %. Néanmoins, la pathogénicité du Kalisto Tick virus reste à démontrer. Récemment, le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFv) a également été détecté en très faible proportion.
La complexité de ces maladies nécessite des études reposant sur une approche intégrée et globale visant à améliorer les connaissances de la bio-écologie des tiques, des hôtes vertébrés et des agents pathogènes et leurs interactions avec l'environnement, c'est à dire une approche One Health. Dans cet optique, l'UVE Corse particpe et porte plusieurs projets sur cette thématique, comme le PEPR-PREZODE ARCHE.
Maladies vectorisées par les phlébotomes
Les phlébotomes sont de insectes hématophages de la famille des diptères (deux ailes) plus petits que les moustiques. Ils transmettents plusieurs pathogènes dont les leishmanies, responsables de la leishmanioses canines et/ou humaines. Mais aussi des virus appelés phlébovirus dont le virus Toscana responsable dans les cas les plus grave de meningites et d'encephalites chez l'Homme. Une forte proportion de personnes vivant en Corse (env. 20%) présente des anti-corps anti-toscana virus, ce qui implique une forte circulation du virus. Dans l'optique de mieux connaitre les phleobotomes et les virus qu'ils transmettent, l'UVE participe à des projets de recherche telle que le projet Européen CLIMOS.
Maladies vectorisées par les moustiques
Chaque été, la France métropolitaine (Corse incluse) contabilise de plus en plus de foyers de Dengue et de Chikungunya. Ces maladies emergentes transmise par Aedes albopictus sont en phase de devenir communautaires et sont étroitement surveillées par les autorités publiques. L'UVE apporte un soutient à ces autorités via son implication dans le réseau Sentinelles mais aussi en proposant des projet de recherche sur les maladies transmisent par les moustiques. D'autre part, l'équipe Corse de l'UVE s'interesse particulière aux virus du West-Nile, une zoonose transmise par les moustiques du genre culex, ayant un impact en santé publique (encéphalites humaines) et en santé vétérinaire (encéphalites équines). Elle participe notamment au projet INSTEAD porté par l'ANSES de Maison-Alfort.